Un vent de changement souffle à l’OMS : Un africain est élu Directeur général

AR 16:39:00 internationale
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Une première dans l’histoire de cette institution. Depuis sa création en 1948, c’est la première fois qu’un Africain, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesu, est élu à sa tête. Ce docteur, spécialiste du paludisme, a même été considéré comme le candidat de l’Afrique lors de cette élection. En effet, la situation globale de pauvreté qui y prévaut est favorable à la propagation de maladies comme le paludisme et l’Ebola. Pourtant, en tant que DG de l’OMS sa préoccupation est la santé au niveau mondial, selon l’Objectif du Développement Durable : bonne santé et bien-être. D’ailleurs, il promet une réforme de cette organisation en vue d’une plus grande transparence dans la gestion des fonds ; et en vue d’une  efficacité optimale des actions.

Pour une OMS plus transparente

Tedros Adhanom Ghebreyesu a mené dès le premier tour face à ses deux concurrents, le Britannique David Nabarro, et la Pakistanaise Sania Nishtar pour le poste de Directeur général de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Mais n’ayant pas obtenu les deux-tiers des voix requises, il a dû passer par un troisième tour pour être définitivement élu à 133 voix contre 50 face à David Nabarro, le 23 mai dernier. Il succède donc à la Chinoise Margaret Chan, qui a occupé ce poste depuis 2006.

A 52 ans, Tedros Adhanom Ghebreyesu a déjà été ministre éthiopien de la santé et ministre des affaires étrangères avant d’occuper ce poste. Et ce nouveau DG promet déjà une réforme au sein de l’OMS afin de la rendre plus transparente pour les Etats membres. En effet, la gestion des fonds alloués aux luttes contre le sida, le paludisme ou le tabagisme laissait à désirer.  Tedros Adhanom Ghebreyesu a d’ailleurs témoigné que son frère était décédé, faute d’accès aux soins et aux médicaments. Ainsi, par conviction, Tedros Adhanom Ghebreyesu va procéder au renforcement de la résilience des pays vulnérables face aux pandémies. En effet, 92 % des personnes décédées du paludisme en 2015 étaient Africains ; tandis que 315 Yéménites sont morts du choléra au cours de ce mois. En outre, il doit aussi gérer le développement d’autres maladies comme le cancer ou la dépression dans tous les pays membre de l’OMS.

 

Cependant, l’opinion est divisée, concernant l’élection de Tedros Adhanom Ghebreyesu au poste de  DG de l’OMS. De fait, si la nouvelle est déjà bien accueillie par les dirigeants qui ont voté pour lui à l’Assemblée mondiale de la santé, à Genève ; l’opinion publique reste, quant à elle, sceptique concernant son niveau de moralité.

Polémiques

Dès la campagne, la nouvelle de sa candidature a déjà suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Ses compatriotes l’accusent même d’avoir violé les droits de l’homme, alors qu’il était encore ministre des affaires étrangères, de 2012 à 2016. L’Etat, durant cette période, a alors procédé à une répression musclée des manifestations organisées par les deux principales ethnies, Oromo et Amhara. Ces dernières ont notamment contesté une tentative de domination de la minorité des Tigréens, avec la complicité du gouvernement. En effet, les Tigréens sont fortement représentés dans l’exécutif, qui n’a pas hésité à recourir à la force pour contrer les mouvements de rues. Ainsi, plusieurs centaines de morts ont été recensés suite à la répression du 9 octobre 2016. Et justement, Tedros Adhanom Ghebreyesu était directeur du bureau de la santé de la région du Tigré avant d’être ministre. Et depuis cet incident, l’Etat d’urgence a été décrété dans le pays jusqu’à présent.

Par ailleurs, Frank Ashall, directeur de l’Africa Tobacco-Free Initiative, a dénoncé les accords entre le gouvernement éthiopien, dont Tedros Adhanom Ghebreyesu était membre, et le groupe Japan Tobacco International qui produit des cigarettes. Evidemment, cela entache l’image du nouveau Directeur Général de l’organisation qui lutte justement contre le tabagisme. Toutefois, cela n’a pas empêché ce docteur de se faire élire à la tête de l’OMS ; et le temps nous dira s’il va guérir ou non l’Afrique et le monde de leurs maux.

 

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