Gouvernement Ntsay : Plutôt politique que technique

Avosoa 12:09:00 politique
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Ntsay Christian a dévoilé les nouveaux membres de son nouveau gouvernement composé de 29 ministres et un secrétaire d’Etat hier. Contrairement à ce qui a été revendiqué par les députés du changement, il y a encore des ministres reconduits. Il s’agit en fait de Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la défense nationale, de Beboarimisa Ralava, maintenu au ministère des transports et de la météorologie, de Rasoazananera Marie Monique à l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de Lantoniaina Rasoloelison au ministère de l’énergie et des hydrocarbures ainsi que de Vonintsalama Andriambololona qui restait encore le grand argentier et de Harison Edmond Randriarimanana au ministère de l’agriculture et de l’élevage.

Il y en a également des anciens ministres qui sont maintenus mais ont changé département tels Henry Rabary Njaka, chef de la Diplomatie et occupait désormais le poste du ministre des mines et du pétrole. Maharante Jean de Dieu est, quant à lui, nommé ministre des postes, des télécommunications et du développement numérique.

Sept ministres de la couleur orange. Le parti MAPAR a brigué sept ministères dans le nouveau gouvernement. Trois députés de la couleur orange ont été nommés ministres. La députée d’Ambatofinandrahana Christine Razanamahasoa a réussi à s’installer à la tête du prestigieux ministère de l’aménagement du territoire et des services fonciers, auparavant occupé par Benjamin Ramanantsoa. Cependant, le département de projet présidentiel a été enlevé au niveau de ce ministère. Le député d’Ikongo Brunel Razafintsiandraofa, celui de Mahanoro Naharimamy Lucien Irmah ont été nommés successivement ministre du tourisme et ministre de la population, de la protection sociale et de la promotion de la femme.

Les quatre autre s’agissent des personnalités connus du MAPAR dont Ramaholimiasy Holder au ministère de la fonction publique, de la réforme de l’administration, du travail, de l’emploi et des lois sociales, Yvette Sylla au commerce et de la consommation, Augustin Andriamananoro au ministère des ressources halieutiques et de la pêche et enfin de Razafimahefa Tianarivelo, un administrateur civil qui était, selon les informations, proposé conjointement par le TIM et le MAPAR, au ministère de l’intérieur et de la décentralisation.

Quatre pour le parti TIM. Quant au parti Tiako I Madagasikara, ils sont quatre à représenter la couleur vert et bleu au sein du gouvernement Ntsay. Le ministère de l’Industrie et du développement du secteur privé est géré par le bras droit de Marc Ravalomanana et non moins député élu au cinquième arrondissement d’Antananarivo. Il semble que la nomination de Guy Rivo  Andrianarisoa à ce poste n’est pas du tout le fruit du hasard, cela se coïncide avec le cas de la société AAA de Ravalomanana dont la réouverture a été l’une des principales revendications du TIM à la place du 13 mai. Marcel Napetoke, un professeur à l’université de Toliara et également membre influent du parti TIM dans la région Sud-Ouest est nommé ministre de l’économie et du plan, tandis que la députée de Manjakandriana, Rahantasoa Lydia Aimé va prendre sa place à la tête du ministère de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Et le dernier baron du TIM ayant intégré le gouvernement est Rolland Ravatomanga, désigné ministre de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Cela va peut-être arranger la gestion des déchets de la commune urbaine d’Antananarivo qui est toujours source de problème entre la CUA et le Samva, un service sous tutelle du ministère de l’eau.

Peu de nouvelles têtes. En ce qui concerne les nouveaux ministres, il n’y a vraiment pas beaucoup de nouvelle tête dans le gouvernement de consensus à part le nouveau chef de la diplomatie Eloi Alphonse Maxime, ancien ambassadeur malgache auprès de la Russie. Il y a également le ministre de la justice, Harimisa Noro Vololona qui est membre du syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) ainsi que du professeur Rantomalala Yoel qui va remplacer son homologue Mamy Lalatiana Andriamanarivo à la tête du ministère de la santé publique.

Pour les autres départements, des politiciens très connus de la sphère politique ont encore intégré cet attelage gouvernemental. C’est le cas d’Horace Gatien, ancien président de l’université de Tomasina au ministère de l’éducation nationale, d’Yvette Sylla au ministère de commerce et de la consommation, d’Ulrich Andriantiana au ministère des travaux publics ou bien de Riana Andriamandavy placé au ministère de la communication et des relations avec les institutions. Une décision qui n’a pas plu aux professionnels des médias.

En bref, la nomination des membres du gouvernement a été faite suivant des critères politiques que techniques. En d’autre mot, les politiciens ont bel et bien partagé le gâteau de la manne. Les syndicats comme tous les Malgaches pourront donc espérer que la mise en place d’un gouvernement technicien serait encore pour la prochaine fois.

 

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