Crise au Zimbabwe : Grace Mugabe veut-elle être calife à la place du calife ?

MH 16:28:00 politique
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Après sa mise en résidence surveillée, Robert Mugabe, le plus vieux dirigeant du monde, n’a pas encore perdu la raison. Ayant accédé au pouvoir en 1980, il a connu des hauts et des bas comme tous les dirigeants africains mais il a su « rester au pouvoir » pendant 37 ans. En dépit des pressions militaires et politiques, il n'a pas encore annoncé sa démission. Dans sa déclaration, le général Sibusiyo Moyo affirmait que l’armée ne fait que viser les criminels qui entourent le Président Mugabe.

Mais qui sont ces personnes traitées de criminels par les militaires ?

La presse zimbabwéenne et internationale indique que Grace Mugabe, la deuxième femme de Robert et avec qui il a trois enfants, ainsi qu’une frange des politiciens du parti Zanu-PF, le parti au pouvoir, en font partie. A 52 ans, elle ambitionnerait de succéder au vieux Mugabe. D’après le Nouvel Observateur, Grace Mugabe a ouvertement  demandé à son époux de lui céder la place dans une réunion tenue au début du mois de novembre. Voici ce qu’elle a dit : "Je dis à monsieur Mugabe, vous devriez... me laisser prendre votre place. [...] N'ayez pas peur. Si vous voulez me donner votre poste, donnez-le-moi librement." Des propos qui n’ont pas laissé le Président indifférent.

Beaucoup pensent que ce désir de Grace d’accéder au pouvoir serait à l’origine de ce vrai-faux coup d’Etat militaire au Zimbabwe. Une hypothèse. De plus, sa propulsion à la tête de la ligue des femmes de la Zanu-PF en 2014 lui a donné des ailes car elle a pu constituer des soutiens composés des gens de son âge. Et à travers ses activités, elle devient de plus en plus visible et exerce une certaine influence au sein du parti et auprès de l’opinion. Parfois, le Président Mugabe s’efface pour lui accorder une certaine emprise.

En fin stratège, elle a proposé à son mari l’éviction du parti des personnes qu’elle juge gênantes dont le vice-président, Emmerson Mnangagwa, bras droit de Mugabe, et l’autre vice-présidente, Joyce Mujuru, démis de sa fonction trois années auparavant. Les deux sont accusés de vouloir renverser le Président par la Première dame. Or comme le vice-président est très proche des militaires, ces derniers n’ont pas supporté cette manière d’écarter celui qui pourrait être le successeur de Mugabe. Voilà pourquoi les militaires auraient passé à ce coup de force. Une autre hypothèse.

Actuellement, la famille Mugabe se trouve dans une résidence surveillée à Hararé, l’on ne sait pas si ce coup d’état à la zimbabwéenne va tourner la page de 37 années de règne de Mugabe ou ce n’est qu’une mascarade pour transférer le pouvoir à un « proche » ou un « renvoyé ». Pour le moment, les chefs de la diplomatie africaine tentent de trouver des solutions à cette crise en organisant des réunions à Gaborone.

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