Coupables d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et de participation à une manifestation interdite ?

MH 12:10:00 politique
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Hier dans la soirée, la députée Hanitra Razafimanantsoa et Fidèle Razara Pierre ont tenu une conférence de presse pour informer le public sur l’existence d’une plainte à l’encontre de sept personnes jugées « coupables d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et de participation à une manifestation interdite ». Il s’agit nommément de Mbola Rajaonah, Rahajason Laurent Harry, Fanirisoa Ernaivo, Eliane Bezara, Fernand Cello, Fidèle Razara Pierre, James Ratsima.

En fait, c’est la primature qui a porté plainte contre ces personnes auprès du parquet àAnosy et elle a donné ordre de prendre les dispositions nécessaires pour une bonne administration de la Justice. Comme si la plainte n’a pas été adressée directement aux forces de l’ordre mais aux magistrats, l’objectif est de les « inciter » à donner ordre d’arrêter les personnes précitées.

Depuis le début de la manifestation sur la place du 13 mai, le premier ministre a tout fait pour étouffer toutes formes de contestations en commençant par l’ordre donné au préfet d’utiliser les forces de l’ordre pour interdire l’entrée des manifestants sur le lieu. Si la manifestation a été initiée pour démontrer au public les formes de fraudes massives et d’irrégularités constatées durant les élections, les actions répressives des éléments de l’Emmo-Reg ont provoqué le tollé mais surtout la confusion entre les personnes présentes. A cause des gaz lacrymogènes à profusion lancés, les gens avaient dû forcer les enclos de l’hôtel de ville pour sauver leur peau.

Manifestation sans incidents majeurs

Dans la plainte déposée par la primature, le nom de Mbola Rajaonah a été cité en premier. Or, celui-ci n’a jamais été présent sur la place du 13 mai, il n’a jamais participé à une quelconque manifestation, sa voix n’a jamais été entendue sur aucune des ondes transmettant la manifestation.  Sieur Rajaonah n’a émis aucun avis, n’a appelé personne pour venir sur la place du 13 mai, donc, l’accusation à son encontre n’est que pure imagination et surtout, elle paraît comme une sorte de vengeance politique et d’intimidation. En s’attaquant à Mbola Rajaonah, le premier ministre espère ainsi étouffer la manifestation, mais a-t-il les preuves nécessaires que cette personne a vraiment participé au mouvement ?

Déjà Ntsay Christian a été nommé premier ministre suite à la manifestation initiée par les députés 73 pendant des mois, il y a eu des morts et des blessés mais aussi des dégâts matériels. La manifestation a bouleversé le quotidien de la population à commencer l’administration qui a subi des appels à manifester tous les jours, les sociétés privées qui n’ont pas pu assumer pleinement leurs activités et les personnes travaillant dans le centre-ville ayant enduré l’instabilité sans parler des lycéens, collégiens et écoliers étudiant dans les établissements publics ayant dû quitter les bancs trop tôt. Des bouleversements et cas d’insécurité non sanctionnés ni par la préfecture ni par les ministères concernés ni par la primature une fois qu’il est installé. En résumé, la plainte du premier ministre est infondée et a clairement des buts purement politiques.

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