Blocage au terminal à containers de Toamasina : Du désordre à l’ordre ?

Manue 11:29:00 economie
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Le problème au sein du port de Toamasina s’est installé au début du mois de novembre dernier, lorsque les transporteurs excédés par le blocage lancent un avertissement de grève. Il s’agit d’un conflit opposant la société MICTSL (Madagascar International Containers Terminal Services Limited), le groupement des transporteurs, ainsi que les transitaires ayant rejoint leur camp, suite à un retard en cascade de la délivrance des marchandises. Une complication au niveau de la manutention crée actuellement un bouchon empêchant les usagers du port de récupérer leurs marchandises.

Il faut savoir que la société manutentionnaire commence à être débordée, connaissant un succès qu’il a apparemment du mal à gérer. Elle enregistre effectivement une hausse de 10% chaque année depuis 2006, dont 4% pour les quatre dernières années. Et l’arrivée des fêtes n’arrangent en rien la situation, augmentant encore plus ce volume. Les infrastructures que la société possède en main ne peuvent donc plus subvenir au déchargement, ce qui entraîne de longues heures d’attente, voire des jours avant de pouvoir recevoir ses marchandises.

Ras-le -bol, le groupement des transporteurs ont lancé un ultimatum d’une semaine le 24 novembre dernier. Cet ultimatum n’a nullement fait réagir les dirigeants du MICTSL, se murant dans le silence. Face à cela, le Ministère des Transport et de la Météorologie a effectué une descente le 11 décembre dernier pour contraindre les deux parties à trouver un terrain d’entente. Ainsi, il a été décidé par la société de terminal à containers que la durée de la franchise de magasinage sera augmentée, s’étirant jusqu’à cinq à sept jours ouvrés sur le terminal, tout container sans exception. Aussi, la société MICTSL a également entrepris de louer provisoirement une grue mobile jusqu’à l’arrivée de nouveaux matériels prévue en juin 2018.

Terrain d’entente ?

Mais cette volonté de la part de la société de terminal à containers ne suffit pas, car le délai de franchise est toujours de cinq jours, et cela ne suffit pas. C’est ce qui a donné suite à la grève du groupe des transporteurs appuyés par les transitaires au-devant de l’entrée du port hier. Soucieux de ne pas voir le port paralysé, le préfet de Toamasina, Cyrille Benandrasana a tout de suite intervenu en organisant une réunion d’entente entre les deux parties pour pouvoir trouver un accord commun, et contraignant ainsi la société de manutention d’établir un accord écrit l’engageant à respecter le délai de sept jours calendaires.

Tous les termes de l’accord devront donc être respectés par les parties prenantes incluant le groupement des transporteurs et des transitaires, les commissionnaires des douanes, les représentants des armateurs et ceux de la société MICTSL. Un accord trouvé également sous l’égide de la SPAT (Société du port à gestion autonome de Toamasina). Le Directeur Général de cette dernière a notamment annoncé qu’il ne s’agit que d’un problème de gestion de flux. Un problème dont les solutions entreprises ont intérêt à marcher car le contraire risque de paralyser le port, qui a un impact direct sur l’économie de la Grande Ile comme il occupe aujourd’hui 80% du trafic total de Madagascar. D’autant plus que le blocage a entrainé un problème majeur, plus grave encore, il s’agit de l’immobilisation involontaire du fonds public, destiné à être envoyé à la Banque Centrale, mais aussi des PPN pour le quotidien de la population, incluant le riz étant la base de l’alimentation malgache.

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