7 novembre : Un scrutin sans incident majeur mais entaché par de nombreuses irrégularités

Avosoa 16:08:00 politique
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Le premier tour de l’élection présidentielle à Madagascar s’est en générale déroulé dans le calme. A Antananarivo et ses périphéries, les bureaux de vote ont ouvert leur porte à 6 heures. Cependant quelques retards ont été constatés dans certain bureaux de vote comme celui d’Ambohipo, Manjakaray, Mahamasina, parce que les bulletins uniques ne sont pas parvenus à l’heure convenue. Dans un bureau de vote à Isotry, l’installation de l’isoloir et de la préparation de la salle ont pris une demi-heure. Là bas, l’urne, le drap et les bulletins uniques ne sont arrivés auprès de ce bureau de vote que la veille du scrutin, vers 21 heures au lieu de 9 heures.

Dès 6h 30, des files d’attente se voient déjà devant les bureaux de vote, preuve que les Malgaches ont hâte d’élire leur nouveau Président de la République. Pourtant, le taux de participation est encore faible. Ceci est de 48, 25% selon le dernier résultat provisoire publié par la CENI aujourd’hui à 13h 45. L’on a également remarqué l’importance des nombres des votes blancs et nuls, 3 984 pour les résultats collectés dans 291 bureaux de vote, soit 5, 88% des votes.

Pas de surprise, la grogne sur les anomalies dans la liste électorale a été entendue dans presque tous les bureaux de vote. Il y a d’un côté les citoyens qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale pourtant, or des personnes décédées il y a quelques années y sont encore. D’un autre côté, plusieurs électeurs n’ont pas trouvé leur carte d’électeur le jour du scrutin. Débordés, les membres du Fokontany ont laissé la liste électorale entre les mains des électeurs qui veulent récupérer leur carte ou vérifier si leur nom y est inscrit. C’était la pagaille !

A Befasy Morondava, une attaque de dahalo a ponctué la journée du scrutin. Les responsables de bureaux de vote de cette localité étaient donc obligés de suspendre le scrutin à seulement 13 heures. Pareillement pour une autre commune rurale à Maevatanana où les électeurs ont dû arrêter de voter pour suivre les dahalo qui ont envahi le village.

En outre, le sondage communément connu sous l’appellation « sondage à la sortie des urnes »  initié  par « Exit poll » a aussi perturbé le centre de vote à l’EPP Todivelona Raphael Toamasina. Quatre enquêteurs ont demandé aux votants à peine sortis des urnes de bureaux de vote ce qu’ils viennent de cocher dans le secret de l’isoloir. Ce sondage a inquiété des électeurs et la situation a presque mal tourné contre les 4 femmes de l’Exit poll lesquelles a failli être victime de vindicte populaire. Pourtant, le sondage à la sortie des urnes est une pratique très fréquente dans les grandes démocraties du monde comme au Brésil, Pays Bas ou en France. Lors des primaires présidentielles françaises en 2016, il a permis de connaître le vainqueur du primaire à droite qui est François Fillon. Seulement cette pratique est encore une chose nouvelle à Madagascar. De plus, Exit Poll n’a pas obtenu l’autorisation de procéder à de telle enquête selon l’affirmation de la page Facebook de la CENI pourtant, les membres d’Exit Poll ont bien montré une lettre montrant l’accord effectué par le président de la CENI Hery Rakotomanana.

Quelques médias ont par contre soulevé la qualité du papier sur lequel a été fabriquée la carte électorale. Il est tellement facile de falsifier la carte avec les moyens technologiques actuels et d’en fabriquer autant. Pourquoi la CENI nantie de gros moyens par le PACEM, le basket fund, de cette élection présidentielle, est si avare quitte à permettre aux malintentionnés d’user tous les moyens pour obtenir plus des voix.

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